Un faux site de banque, de boutique ou d’administration ressemble souvent à l’original. Avant de payer, de saisir un mot de passe ou de donner votre numéro de carte, prenez quelques minutes : voici comment savoir si un site est fiable et repérer une arnaque sur internet.
Les signes d’un site frauduleux
- Une offre trop belle pour être vraie. Un prix invraisemblable doit vous faire hésiter. Cybermalveillance.gouv.fr et le Centre canadien pour la cybersécurité recommandent de se méfier de ces offres. Dans le doute, renoncez à l’achat.
- Une adresse presque correcte. Une faute ou une lettre modifiée peut révéler du typosquatting : l’enregistrement d’une adresse presque identique à celle d’un site connu, dans le but de vous tromper.
- Personne derrière le site. L’absence de mentions légales (pour un site français), de nom d’entreprise ou de coordonnées est un signal d’alerte. Pouvez-vous identifier le vendeur et le contacter ?
- Un paiement inhabituel. Méfiez-vous d’un site qui exige uniquement un virement bancaire, une carte-cadeau ou des cryptomonnaies : c’est typique d’un site d’arnaque. Au Québec, seul le paiement par carte de crédit permet une rétrofacturation.
- Des avis introuvables ailleurs. Des commentaires enthousiastes publiés sur le site lui-même ne suffisent pas. Cherchez des avis indépendants en dehors du site du vendeur.
Le cadenas ne prouve pas qu’un site est fiable
Le cadenas et « https:// » indiquent seulement que la connexion est chiffrée. Comme le rappelle Cybermalveillance.gouv.fr, ils ne garantissent pas la fiabilité du site. Le Centre canadien pour la cybersécurité précise qu’une présentation professionnelle ou une marque connue ne prouvent pas non plus sa légitimité : un faux site internet peut imiter de très près une boutique réputée.
Vérifier un site en quelques minutes
Pour vérifier si un site est fiable, procédez dans cet ordre.
- Lisez l’adresse. Le vrai nom de domaine se trouve juste avant le premier « / » qui suit « https:// ». Dans « https://www.impots.gouv.fr.example.com/connexion », le site est « example.com », pas « impots.gouv.fr ». Ne vous arrêtez pas au nom familier placé au début.
- Identifiez le vendeur. Consultez les mentions légales et les coordonnées. Pour les achats depuis la France, Cybermalveillance.gouv.fr conseille de privilégier les entreprises basées en France ou dans l’Union européenne.
- Cherchez des avis extérieurs. Saisissez le nom du site ou du vendeur dans un moteur de recherche, suivi du mot « arnaque » ou « escroquerie ». Consultez les résultats plutôt que les seuls témoignages affichés par la boutique.
- Vérifiez l’ancienneté du domaine. Pour un domaine en .fr, le Whois de l’Afnic indique notamment sa date de création. Pour les extensions génériques comme .com ou .net, utilisez ICANN Lookup. Un domaine très récent associé à des prix très bas est un signal d’alerte.
- Vérifiez l’avis de Google. Entrez l’adresse dans le rapport Transparence des informations : il indique si la Navigation sécurisée Google signale le site comme dangereux.
En France, pour un placement, de l’épargne, un crédit ou des crypto-actifs, consultez aussi les listes noires de l’ACPR et celles de l’AMF. Elles ne sont pas exhaustives : de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent régulièrement. Qu’un site ne figure pas sur ces listes ne signifie donc pas qu’il est autorisé.
Vérifier un lien avant de cliquer
Dans un e-mail ou un SMS, vérifiez l’adresse ou l’identité de l’expéditeur. En cas de doute, contactez l’entreprise ou l’administration par un autre moyen. Un colis en attente ou une amende à payer sont des prétextes fréquents dans les SMS frauduleux. Ne suivez pas les liens de messages provenant d’expéditeurs inconnus, et méfiez-vous aussi de ceux qui imitent un organisme connu.
Sur ordinateur, survolez le lien sans cliquer : son adresse réelle apparaît dans un coin du navigateur. Derrière un lien suspect se cache souvent une adresse raccourcie ou un nom proche de l’original. Dans le doute, saisissez vous-même l’adresse du site officiel.
J’ai cliqué sur un lien frauduleux : que faire ?
- Fermez la page. Ne saisissez plus rien.
- Changez les mots de passe concernés. Si vous en avez saisi un, changez-le immédiatement sur le véritable site et sur chaque compte où vous utilisez le même.
- Contactez votre banque. Si vous avez saisi votre numéro de carte ou payé, joignez-la sans attendre pour tenter de faire annuler le paiement, et faites opposition au plus vite, c’est-à-dire bloquez votre carte.
- Gardez les preuves. Conservez des captures d’écran du site, du message reçu et du paiement.
- Déposez plainte ou signalez la fraude. En France, utilisez THESEE. Au Canada, faites un signalement au Centre antifraude du Canada et contactez votre service de police local.
Signaler un site frauduleux
Choisissez le service adapté à votre situation et à votre pays.
Vous pouvez également signaler le site à Seawall. Si le signalement est justifié, Seawall met à jour son filtre pour l’ensemble de ses utilisateurs.
Bloquer les sites d’arnaque sur tous vos appareils
Seawall bloque les pages d’hameçonnage (phishing) et les sites d’arnaque connus – faux sites bancaires, fausses boutiques, fausses pages de connexion – dans les navigateurs et les applications de chaque appareil où il est configuré. Il bloque aussi les domaines qui imitent des sites connus et, en option, ceux enregistrés depuis moins de 30 jours, souvent utilisés pour des escroqueries.
Un filtre ne remplace pas vos vérifications : de nouveaux sites frauduleux apparaissent chaque jour. Gardez les réflexes présentés ici, surtout avant de payer.